Blairsoft 2 / Article de Alexis Gunkel paru dans www.020mag.com

Texte et photographies Alexis Gunkel
Vidéo debalooboy Les cochons de guerre

Nous y revoilà, presque un an que nous l’attendions tous, Blairsoft 2 va débuter ! Après l’excellente première édition, sa suite va-t-elle continuer de nous faire rêver ?

Pour rappel, Blairsoft est une op coréalisée par deux associations : les ATG 68 et la S-Airsoft. Cette OP thématique est centrée sur une ambiance complètement folle et se tient dans le fort du Mont-Bart, sur les hauteurs de Bavans. Après la très bonne première édition qui avait pour thématique le fantastique et la mythique région de la Transylvanie, les organisateurs nous ont concoctés cette année un week-end sur le thème de la science-fiction. Nommée « la fin des Mondes Parallèles », l’OP nous promet un astucieux melting-pot entre Stargate, Star Wars et bien d’autres encore.

En route vers d’autres mondes

Il est encore tôt ce matin quand nous arrivons sur les hauteurs de Bavans. C’est sous un soleil resplendissant que notre voyage se termine, accompagné par une magnifique vue sur la vallée. Si l’an dernier nous sommes arrivés en face d’une mer de nuages, cette année nous pouvons admirer le paysage. Que la Franche-Comté est belle avec ses collines onduleuses et verdoyantes. Mais passons, Blairsoft va débuter dans moins d’une heure et il faut encore se préparer !
Comme l’an dernier, l’accueil est chaleureux, les organisateurs ont le sourire et l’ambiance est bon enfant. Dans la cour du fort, les joueurs déjà prêts s’amusent et discutent. D’autres peaufinent encore leurs réglages pendant que les derniers passent au chrony.

9h50, les organisateurs font sonner le rassemblement général, tout le monde est invité à rejoindre le hall du fort pour débuter la partie. Quelle ambiance déjà ! Les 120 joueurs sont rapidement mis dans le bain, jets à fumée, ambiance lumineuse, projection d’une porte des étoiles avec programmation en temps réel ! Tout y est, cette année les organisateurs et notamment leurs deux bricoleurs fous Météor et Snoop épaulés par Henri ont mis le paquet pour rendre l’op aussi immersive que possible.

« 3000 heures de travail en tout sur l’OP pour les deux associations »

A peine la présentation finie, voilà qu’une étrange créature fit son apparition. A mi-chemin entre un Jawa et un mercenaire des sables, cet étrange personnage venu au début en « paix » pour informer les joueurs dans quel monde ils vont être catapultés, se mettra à exiger rapidement des otages. À l’autre bout du hall, sa horde de mercenaire captura ainsi une dizaine de joueurs au hasard comme prise de guerre. Une fois ce petit show fini, les organisateurs ont activé la porte des étoiles, regroupés en binômes les joueurs qui ont ainsi pu passer la Stargate pour rejoindre la zone de jeux. Le tout accompagné par des jets de fumée, des lumières et une immersive ambiance sonore.
Blaisoft a démarré, en route pour un monde parallèle !

Un monde hostile

Séparés, dispersés, isolés de leurs factions respectives et un brin déstabilisés par l’épaisse fumée dans les tunnels du fort, les binômes ont rapidement dû se regrouper en équipes. Outre les joueurs, il y a dans le fort toute une floppée de PNJ tels les Jawas et leurs équipes de mercenaires. Tantôt hostiles, tantôt marchands, ils ont eu une place à jouer dans le match opposant l’équipe bleue à l’équipe verte.

Changement notoire cette année, les joueurs ne reçoivent plus leur mission auprès de leur QG mais chez leurs scientifiques respectifs. Ces derniers sont cachés dans les poudrières, deux pièces situées dans les profondeurs du fort. Personnage unique, la protection du scientifique est donc indispensable tout comme l’exécution de ses missions. Des missions d’ailleurs, ce n’est pas ce qui a manqué, entre la recherche d’objectifs et la construction d’une structure tubulaire, les participants ont arpenté le fort en long et en large toute la journée. Les joueurs livrés à une totale autonomie doivent ainsi s’entendre pour réaliser leurs tâches, tandis que certains fouillent le fort. D’autres protègent le scientifique, d’autres enfin se livrent à des petites escarmouches un peu partout pour ralentir l’équipe adverse.

Spécificité offerte par le terrain, les joueurs doivent penser leur environnement en plusieurs dimensions, ils peuvent se faire attaquer par le bas et les tunnels qui débouchent un peu partout, comme par exemple par les hauteurs du fort. À plusieurs reprises, les deux factions feront appel au service des PNJ mercenaires, en bons professionnels ces derniers acceptaient en échange de quelques billets de servir les joueurs qui les embauchaient. Un atout de choix lorsqu’il fallait se rendre maître de certaines zones du fort. Dans les entrailles de la forteresse d’intenses échanges de tir animent les couloirs, on se déloge à coups de grenades et autres jets de billes. Les phases de CQB sont intenses et des escouades isolées s’affrontent pour le contrôle des points de passage.

Sur les hauteurs, rien ne va plus

Alors que dans les entrailles de l’ancienne forteresse le CQB fait rage, les hauteurs du fort ne sont pas en reste. Appuyées par des mercenaires plusieurs escouades vertes s’efforcent de prendre le contrôle du toit. La capture du sommet leur offre un contrôle visuel sur toutes les zones extérieures du fort en plus d’un beau panorama sur la vallée. Beaucoup, au passage ont pris la peine de savourer la vue par cette belle journée ensoleillée. Après s’être rendu maîtres des hauteurs, les verts ont envoyé leurs foudres sur les bleus.

Des petits groupes de 5 à 7 jours se sont ainsi lancés dans de terribles embuscades aériennes à l’encontre des épais groupes bleus progressant à travers les corridors extérieurs du fort. Sauvant même de justesse leurs scientifiques capturés par une intrépide escouade de joueurs adverses. Rapidement plusieurs groupes bleus ont tenté de reprendre le contrôle du toit, ces escouades ont ainsi attaqué les joueurs verts sur le toit en plusieurs points. Sans réel succès au début, mais la situation changea lorsque les groupes verts répartis dans les profondeurs afin d’accomplir d’autres missions.

Toutes ses actions se sont déroulées sous les yeux amusés des Jawas, qui eux se promenaient avec leur charriot de bric et de broc, chinant la bonne affaire ou s’amusaient à arnaquer certains joueurs qui n’avaient pas récolté les bonnes pièces pour leurs scientifiques. Un monde complètement fou.

Le retour du Jedi

Peu après-midi, une surprise de taille attendait les joueurs de Blaisoft. Ils allaient pouvoir assister à un vrai duel entre Sith et chevalier Jedi sur le toit du fort. Cet affrontement d’anthologie opposa le sith Dark Maul et le Jedi Obi-Wan. Sous le regard des joueurs et de la Reine Padmé, les deux virtuoses du sabre se sont affrontés. Après plusieurs minutes d’un duel endiablé, Obi-wan l’emporta. Son apparition dans le jeu allait offrir un avantage non négligeable au camp bleu.

Tout le restant de l’après-midi, les deux camps se sont affrontés avec le support de leurs héros respectifs. Si certains joueurs prenaient la fuite à la vue des chevaliers Sith / Jedi, d’autres se sont farouchement opposés à eux. Sans grand succès, mais les duels au sabre ont imposé leur rythme durant tout l’après-midi accompagné par les escarmouches, les captures d’objectifs et les commerces avec les Jawas, les joueurs ont su tenir le rythme de l’OP. Au fur et à mesure de l’avancement dans le temps, les organisateurs ont progressivement débloqué l’accès à certaines salles du fort. Là encore, il faut souligner ce qui fait la force de l’op Blairsoft, son ambiance et ses décors. Trois salles attendaient les joueurs pour leurs objectifs de l’après-midi, la plus impressionnante étant sûrement la salle des « œufs ».

Éclairée seulement par quelques lasers verts et néons violets, cette mystérieuse salle remplie d’œufs d’Alien tirés de l’univers éponyme de Ridley Scott a plongé les joueurs dans un monde aussi fantastique qu’onirique. Ces derniers ont même dû mettre la main dans les œufs pour y retrouver certains éléments de jeu, et là encore les organisateurs avaient tous prévu.

Si certains respectables contenaient de la mousse ou des confettis, d’autres étaient remplis de sirop et autres liquides collants et gluants. Les joies de l’exploration et de la découverte vous me direz. Alors que la partie se poursuivait à un rythme effréné, nos amis les Jawas, ces PNJ qui n’en faisaient qu’à leur tête, ont commencé à se prendre d’affection pour certains joueurs et joueuses sur le terrain. Ils se sont mis à les capturer lors de petites escarmouches sinueuses, créant un vrai bazar dans le fort. En fin d’après-midi, c’est le célèbre wookie qui apparut dans les couloirs, les participants avaient le choix de le libérer ou non des mains mises des Jawas pour recevoir des gratifications diverses.

« La déco c’est la touche de Blairsoft, la marque de fabrique de cette OP »

Un monde très parallèle

Alors que l’après-midi arrivait sur sa fin, c’est le plus inattendu des monstres qui fit son apparition sur le terrain. Le héros de l’île aux enfants, Casimir passa à son tour la Stargate. Sans réelle fonction dans le scénario, le responsable du show pour enfants éponymes a su créer un véritable engouement autour de lui et de sa fameuse Gloubi-Boulga. À tel point que les plus anciens sur l’op se sont mis à chanter et danser à tue-tête les paroles de l’ancienne émission pour enfants, la zone neutre se remplit de joie avec le joyeux dinosaure orange. 18h : les organisateurs firent sonner la pause. Après 8h de jeux effrénés, les bleus avaient pris l’avantage sur les verts autant dans la construction de la machine tubulaire que sur la récolte d’objectifs. Qu’importe, la partie de nuit allait arriver et tout pouvait encore changer.

 

Trois points dans la nuit

Après une bonne pause et une tombola pleine de lots, les joueurs ont repris la direction du terrain pour la partie de nuit. Le fort était plongé dans une nuit des plus obscures. Point de lune pour éclairer les joueurs. Les deux camps avaient un objectif très simple : reconstruire de nuit et à un autre endroit la structure qu’ils avaient passé la journée à assembler. Rien de compliqué sur le papier, mais c’était sans compter un nouvel arrivant. Un Prédator avait fait son entrée sur le terrain, et il tenait à récupérer quelques têtes d’humains… Plongées dans l’obscurité, les actions étaient nerveuses, dynamiques et terriblement plus organisées que durant la journée. Les couloirs étaient devenus de véritables coupe-gorges avec le Prédator, ce mastodonte a taillé plus d’un scalp ce soir-là. Pendant que certains s’affairaient à la tâche à démonter la structure, d’autres s’activaient à la remontée. À ce petit jeu, ce sont les verts qui ont su emporter haut la main cet objectif avec leurs trois maîtres d’œuvre. Fait en un temps record le premier jeu du soir fut attribué aux verts. Par la suite, les joueurs purent s’amuser à fragger en profitant de la nocturne avec un fort illuminée par quelque ligne des LED jaunes. Vers minuit le coup de sifflet final fut donné, il était l’heure de prendre un peu de repos.

Reporter en Immersion, une dernière bataille au sommet

Dimanche matin, neuf heures. Après quelques heures de sommeil, nous revoila prêts à en découdre pour cette dernière matinée de jeux. Cette fois encore, je laisse l’appareil photo dans la sacoche pour vivre aussi l’expérience Blairsoft. Les organisateurs ont refait les équipes, revu les règles de remise en jeu afin de nous proposer un scénario autour d’une bombe factice à trouver et tenir. Histoire de nous offrir trois heures de jeux pour bien finir ce week-end.

À peine arrivés à notre QG, la partie commence. Tout de suite, nous nous enfonçons dans les larges couloirs extérieurs du fort, la tension est palpable nous ne savons pas d’où peuvent venir les bleus. Nous couvrons ainsi les axes extérieurs tandis que d’autres escouades vertes s’enfoncent dans les entrailles du fort à la recherche de la précieuse bombe. La partie commence à peine, que déjà des explosions de grenades et des tirs effrénés retentissent à travers la pierre, chacun est ainsi prévenu, aucun des camps n’est prêt à se rendre. Après quelques échanges de tirs, je me retrouve isolé et mis hors-jeu. Je retourne donc à mon QG. J’y retrouve des membres de mon escouade, nous nous scindons en deux groupes. Notre objectif est de prendre les hauteurs. Le contrôle des hauteurs se jouera à la force des mollets. Alors qu’une partie de l’équipe attaque directement le versant central, mon binôme et moi-même passons par les tourelles extérieures. S’en suivent rapidement de vifs échanges de billes et autres grenades remplies de courtoisie. Informés par les messages radio et soutenus les tirs de nos alliés, nous progressons de buttes en buttes. Délogeant les bleus, jusqu’à leur cordon de sécurité autour de leurs QG, nous sommes éliminés malgré un dernier assaut aussi dynamique que coordonné.

Une fois remis en jeu, mon groupe se décide à foncer dans les tunnels, rapidement nous sommes assaillis par des escouades bleues plus motivés que jamais. Les échanges de tirs sont sportifs, les joueurs des camps sortent de partout et se délogent des tunnels par le biais de fumigènes ou de grenades en stick. Ma phase de CQB durera plusieurs dizaines de minutes pour un résultat plutôt neutre, il n’y a pas photo, je préfère crapahuter sur les hauteurs. À l’extérieur, la situation semble tourner à notre avantage. En effet, plusieurs joueurs verts ont su tirer avantage des épais obstacles en cartons dispersés sur le terrain pour progresser jusqu’au QG bleu et les empêcher de sortir par l’accès principal. Certains iront jusqu’à reprendre la légendaire technique du carton de Métal Gear Solide, avec le résultat qu’on lui connaît. Il est un peu plus de 10h30 quand la bombe sonne, dans la radio notre camp crie victoire. C’est sur ce dernier scénario que Blairsoft 2 se termine, et que s’impose un retour à la réalité.

En conclusion

Séduit par son environnement enchanteur et ses organisateurs toujours aussi motivés, on attend déjà la troisième édition. Même si cette année l’op fut moins fun et plus complexe que l’an dernier, il faut reconnaître que les décors et l’ambiance sont toujours traités avec le plus grand soin. En tant que joueurs, vous aimerez beaucoup le terrain complètement fou qu’offre le fort et ces multiples environnements et l’ambiance qui y règne. Un grand merci aux organisateurs pour le travail effectué et notamment pour leur réaction rapide vis-à-vis d’un souci de compréhension qui aurait bien pu plomber l’op. Vivement l’an prochain pour une suite aussi folle que la première édition.

 

Liens de l’article original :

http://www.020mag.com/fr/actualites/8229/blairsoft-2-la-fin-des-mondes-paralleles-part-1-

http://www.020mag.com/fr/actualites/8230/blairsoft-2-la-fin-des-mondes-paralleles-part-2-

http://www.020mag.com/fr/noticias/8231/blairsoft-2-la-fin-des-mondes-paralleles-part-3-

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